L’art d’avoir toujours raison – La tactique du « Oui, mais… »

hals-jeune-homme-tenant-un-crane-vanite-1626-28Jeune homme tenant un crâne (vanité) (1626-28). Huile sur toile de Frans Hals

En guise de mise en bouche, nous vous prions de lire ces quelques mots d’Arthur Schopenhauer qui résumeront fort bien notre propos :
[…] si nous étions foncièrement honnêtes, nous ne chercherions, dans tout débat, qu’à faire surgir la vérité, sans nous soucier de savoir si elle est conforme à l’opinion que nous avions d’abord défendue ou à celle de l’adversaire […]. La vanité innée, particulièrement irritable en ce qui concerne les facultés intellectuelles, ne veut pas accepter que notre affirmation se révèle fausse, ni que celle de l’adversaire soit juste. […] chez la plupart des hommes, la vanité innée s’accompagne d’un besoin de bavardage et d’une malhonnêteté innée. Ils parlent avant d’avoir réfléchi, et même s’ils se rendent compte après coup que leur affirmation est fausse et qu’ils ont tort, il faut que les apparences prouvent le contraire. Leur intérêt pour la vérité, qui doit sans doute être généralement l’unique motif les guidant lors de l’affirmation d’une thèse supposée vraie, s’efface complètement devant les intérêts de leur vanité : le vrai doit paraître faux et le faux vrai.

Schopenhauer, A., L’art d’avoir toujours raison, Paris, Mille et une nuits, 2003, p. 3-4.

Ah ! L’homme est un être étant passé maître dans l’art d’avoir toujours raison, et ce depuis la nuit des temps ! À ce propos, la tactique consistant à rétorquer impudemment « oui, mais… » désarme malheureusement nombre de personnes
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