Calvin/Arminius a-t-il été crucifié pour vous ?

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Ah les corinthiens… Église primitive emblématique à propos desquels nous détenons deux lettres leur étant adressées par Paul dans le corpus biblique ! À en lire ce qu’en dit Paul, ça devait être une « sacrée » église, dont la complexité de la situation devrait laisser songeur tout chrétien encore aujourd’hui. Cependant ce n’est pas des corinthiens de Paul dont je veux parler aujourd’hui : je désire parler des corinthiens des temps modernes. De corinthiens modernes qui, « comblés de parole et de connaissance, sont solidement ancrés dans le témoignage du Christ. » (1 Co 1, 5-6) et qui, comme leurs ancêtres, ont développé une maladie tout à fait particulière pouvant résulter d’une église comblée de parole et de connaissance : la « faction-nite« . Maladie tout humaine bien commune et qui se manifeste par la création de clans théologiques et de disputes passionnées éloignant de l’imitation du caractère du Christ. Mais, sus aux demi-plaisanteries, lisons sans plus tarder l’extrait qui nous intéressera pour cette réflexion :

1 Corinthiens 1, 10-18 :

10 Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment.
11 Car, mes frères, j’ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu ‘il y a des rivalités au milieu de vous.
12 Je veux dire que chacun de vous parle ainsi: Moi, je suis de Paul ! – Et moi, de [Calvin] ! – Et moi, d[‘Arminius] ! – Et moi, de Christ !
13 Christ est-il divisé ? Paul[, Calvin ou Arminius] [ont]-t-il[s] été crucifiés pour vous, ou est-ce au[x] nom[s] de Paul[, Calvin ou Arminius] que vous avez été baptisés ? [N.d.A. version biblique actualisée !]

Le texte se passe aisément de commentaire. Dans un monde hostile qui nous voudrait presque/bientôt pendus sur un bois comme notre précieux sauveur : arrêtons de nous disputer et soyons unis ! Je vais en choquer plus d’un par cette affirmation, mais la Bible me semble pouvoir être lue des deux façons, c’est important de le préciser. La différence fondamentale étant, entre autres, l’importance que l’on donne à certains passages sur d’autres, et le filtre herméneutique que l’on applique par conséquent. Pour autant, si la Bible peut être lue des deux façons, cela ne signifie pas qu’elle devrait être lue de l’une ou l’autre façon. Les deux lectures en question ne revêtent pas la même légitimité et ne reflètent pas le caractère du Christ de façon analogue. À cet égard, je maintiens donc que la lecture arminienne, aux regards de la Bible et du Christ, me semble être une meilleure option de lecture, même si je peux comprendre mes frères calvinistes et leur lecture. 

En outre, ce qui me semble essentiel, c’est le fait que les deux systèmes découlent d’une même volonté d’honorer Dieu, ce qui me fait penser aux réflexions de Paul relativement à la querelle des aliments (Ro 14, 1-23). En fait, « celui qui est calviniste l’est pour le Seigneur, et celui qui est arminien l’est aussi pour le Seigneur » (Ro 14, 6). Dès lors, j’irai même jusqu’à dire que si nous pensons que l’une ou l’autre vue est moins légitime que la nôtre et est celle d’un « faible dans la foi », « accueillons celui qui est faible dans la foi sans discuter ses opinions » (Ro 14, 1).

Cela fait 400 ans que ce débat dure et même 2000 ans si l’on considère Augustin comme un témoignage proto-calviniste et Irénée de Lyon (et non Pélage) comme un témoignage proto-arminien… Si une solution, « la solution » avez été trouvée, ne croyez-vous pas que tous les chrétiens nés d’en haut et dont le seul et unique désir est de plaire à Dieu l’auraient unanimement embrassée pour la plus grande gloire du Seigneur ? Le fait est que ça n’est pas le cas, car sur cette terre, nous « voyons au moyen d’un miroir de façon confuse et notre connaissance est limitée » (1 Co 13, 12). Dès lors, tout chrétien raisonnable, plutôt que de taxer l’autre de malhonnêteté voire pire, se devrait avant tout de l’aborder avec respect, sachant que sa vision revêt si pas une légitimité égale, au moins une possibilité égale d’existence dans le cadre de l’Église.

Ne vous méprenez pas sur mes propos : ce débat a bel et bien son importance. Cela dit, par le biais de cet article, j’en appelle à un esprit d’humilité et d’amour dans la conduite de ce dernier et surtout à un esprit d’unité afin d’annoncer « le message de la croix, folie pour ceux qui périssent » (1 Co 1, 18), notre doux « Messie crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les non-juifs » (1 Co 1, 23). Reflétons-nous Christ lorsque ce débat est en jeu ? Affichons-nous une Église unie, rangée en ordre de bataille pour proclamer le Royaume des cieux, le Royaume de l’amour, de l’espérance et de la foi ? Je doute, à notre grand désarroi à tous, que cela soit souvent le cas.

24 réflexions sur “Calvin/Arminius a-t-il été crucifié pour vous ?

  1. La factionnite est certainement une maladie de l’esprit des plus handicapantes, pour la soigner il importe d’en bien comprendre les symptômes et les causes. Or il me semble, cher Docteur David, que vous avez été un peu rapide dans votre diagnostic sur la question arminio-calvinienne, et par conséquent, un peu trop optimiste dans son pronostic.

    Il existe en effet une différence essentielle entre les factionnaires de Corinthe qui se divisaient selon Pierre ou Paul, et ceux d’aujourd’hui qui ne jurent que par Calvin ou Arminius. C’est la suivante : Pierre et Paul n’étaient aucunement en opposition quant à eux-mêmes. Ainsi Pierre rend hommage à Paul dans sa seconde épître, reconnaissant la supériorité intellectuelle que l’apôtre des Gentils déploie dans ses lettres ; livre des Actes, Paul rend hommage à Pierre , en se soumettant humblement à l’autorité apostolique conférée par le Seigneur Jésus-Christ au premier de ses confesseurs.

    En va-t-il de même des relations soutenues entre Calvin et Arminius ? Point du tout ! Passant sur le fait secondaire que les deux hommes n’ont pu se connaître dans la ligne du temps, il existe une opposition viscérale entre les deux systèmes, et par conséquent entre les deux personnes qui les incarnent. Calvin n’a pas d’injures assez dures pour les arminiens, Arminius n’est satisfait que lorsqu’il voit les calvinistes au pilori : on est bien loin du saint respect mutuel, échangé entre Pierre et Paul.

    Passant de Corinthe à Rome, votre seconde idée de correspondance Calvin-Arminius, légumivore-carnivore vaudra-t-elle mieux pour la médecine ? Hélas ! trois fois hélas, je suis persuadé, cher confrère, que vous vous trompez. Si les malades, calvinistes ou arminiens, ne militaient qu’en vue de la gloire de Dieu, la guérison ne serait pas plus compliquée à obtenir que dans l’église de Rome : il suffirait de laisser chacun libre de son menu, avec défense de critiquer celui de l’autre. Mais ce n’est pas le cas ! il nous faut tout de bon revenir à Corinthe, et comprendre que la cause de division ne portait qu’en apparence sur des problèmes théologiques ; la cause réelle résidait dans la question d’AUTORITÉ, qui allait représenter l’autorité spirituelle dans l’église ?

    Aujourd’hui comme dans tous les temps, la guérison est difficile parce que la théologie n’est pas le grisbi pour lequel on se bat, elle n’intéresse que peu de monde. Vous remarquerez rapidement que dans les débats calvino-arminiens, il n’est presque jamais répondu aux arguments ou contre-arguments ; on n’y trouve qu’affirmations répétitives. C’est parce que si chacun allait au fond des choses il devrait constater qu’en réalité le problème métaphysique est insoluble pour l’esprit humain, et le débat serait clos.

    Or le grisbi ne consiste pas à comprendre…, mais à être revêtu de l’autorité sacerdotale ! Qui cornaquera l’éléphant évangélique ? voilà la vraie question ! Sera-ce ceux qui disent : « moi je suis de Schwartzbachermann ! » ou bien ceux qui disent : « moi je suis de Durand ! » Sacré Durand, va ! Quel type ! (http://antrelire.over-blog.com/article-24944953.html)

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    • – « Pierre et Paul n’étaient aucunement en opposition quant à eux-mêmes » => Cela me semble être loin d’être sûr. L’assemblée de Jérusalem statuant sur la relation de l’Église avec les païens et l’incident d’Antioche me semble refléter des différences doctrinales entre les deux figures. Paul en passant par Pierre en allant jusqu’à Jacques représente trois positions aux nuances différentes. Pour autant, je vous rejoins, leurs dissensions ne devaient pas être très grandes contrairement au débat arminianisme/calvinisme. Et le respect mutuel, même avec les incidents que nous rapportent les actes, devait être tout autre.
      – Cf. ma réponse à Alain concernant l’utilisation du débat sur les aliments. « Si les malades, calvinistes ou arminiens, ne militaient qu’en vue de la gloire de Dieu, la guérison ne serait pas plus compliquée à obtenir que dans l’église de Rome » C’est une très bonne remarque et ce que vous dites après sur l’autorité me semble essentiel : Paul revendique en effet son autorité apostolique et le fait qu’il est rempli/inspiré de l’Esprit pour « les calmer ». J’avoue ne pas savoir que répondre, donc je reconnaîtrais tout simplement que c’est une bonne remarque. Peut-être puis-je ré-avancer, avec toute la nuance qu’il se doit, le « manque de clarté » de la Bible sur ces questions comme responsable de la situation. Cependant, un appel à l’unité, même si difficile, me semble pouvoir être espéré en Dieu qui oeuvre bien au-delà de nous pour son Royaume.
      – Je rejoins votre thèse de l’insolubilité du débat. C’est un peu ce que j’écris sans l’écrire vraiment si vous me relisez bien dans cet article. Puisque je reconnais que la Bible peut être légitimement lue des deux façons.
      – Vous revenez à la question de l’autorité de façon assez saisissante. En effet, il s’agit vraiment de savoir qui cornaquera l’éléphant évangélique… Pour le moment, je dirais que les calvinistes le cornaquent assez fortement. Et il est vrai qu’ils ont l’air d’avoir conscience que c’est tout d’abord une question d’autorité puisque certains d’entre eux s’élèvent de façon de plus en plus autoritaire pour définir qui est chrétien et qui ne l’est pas, allant même jusqu’à dire que le vrai chrétien doit embrasser la TULIPe calviniste.
      – Merci pour ce texte. Il m’a bien fait rire, je ne m’attendais pas du tout à la fin ! Je peine cependant à m’assurer du lien avec notre discussion.

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      • Je me réjouis de ce que le lien vers un texte d’Alphonse Allais vous a bien fait rire : c’est toujours bon pour la santé. Par nature, l’humour n’est pas facile à définir, son appréciation peut varier grandement d’un individu à l’autre, et il n’est pas certain qu’un ordinateur aussi puissant que celui qui a récemment battu au jeu de Go le champion du monde, soit capable d’apprendre à le détecter à tous les coups dans un texte. Ainsi l’élément comique contenu dans « les templiers » qui fera immanquablement rire ou sourire un humain normalement constitué, risque d’échapper à la machine et à ses algorithmes par son caractère imprévu. D’après Bergson, le rire serait du « mécanique plaqué sur du vivant ». Essayons d’éprouver ce principe en décomposant l’humour d’Allais ; pourquoi son texte est-il comique ?

        Il ya d’abord une absurdité évidente : si j’ai connu par le passé quelqu’un qui s’appelait Durand, comment une mémoire auditive oublieuse pourrait-elle transformer ce nom en un autre, sans rapport de sonorité, tel Schwartz ou Wurtz ? Idem pour la mémoire visuelle, les deux graphies n’ont aucune ressemblance. De plus, Durand est un nom court ; par quel étrange mécanisme le souvenir parvient-il à l’allonger jusqu’à en faire ce patronyme à coucher dehors : Schwartzbachermann ? Mais surtout, Durand est un nom bien de chez nous ; comment peut-on confondre le réflexe pavlovien qu’il produit sur notre tympan, avec le dépaysement total qui résonne dans le très étrange Schwartzbachermann ? Seule une mécanique, une mémoire d’ordinateur en panne pourrait, par erreur d’adressage, permuter deux cases, mais pas la mémoire d’un être vivant, doté d’un esprit. Donc oui la définition de Bergson s’applique ici encore : l’origine du comique réside dans la tentative de plaquer du mécanique sur du vivant ; or c’est impossible, autant que l’esprit plane au-dessus de la matière.

        Le rapport avec la théologie ? Il est pas direct, mais il doit bien y en avoir un, du moins dans mon esprit, sinon je ne vois pas pourquoi je me serais rappelé ce texte des Templiers. Transposons la question du narrateur, à celle qui nous intéresse à savoir : Qui doit cornaquer l’éléphant évangélique ? (c-à-d, pour simplifier, quel nom d’auteur de Théologie Systématique doit-on apprendre aux aspirants pasteurs à répéter le plus souvent, et avec aisance).

        Eh bien ce nom, je l’ai oublié ! Il avait une sonorité septentrionale, quelque chose comme Dooyverd, ou Berkward….mettons Berkward.
        blabla blabla blabla tire sur les rames, et vogue la galère…
        Ah, ça y est je me rapelle, ce théologien c’était Berkdouweeryard !
        reblabla blabla blabla retire sur les rames, revogue la galère…
        Ah non très exactement, j’en suis sûr maintenant, il s’appelait Berkdouweeryardvinck.
        Vous avez saisis le modèle… et à la fin, le personnage va s’écrier : Ah! Messieurs les Pasteurs, aussi vrai que je l’ai lu dans la Théologie Systématique de Durand…
        Il s’appelait Durand, ce théologien ! Sacré Durand, va ! quel type ! son père etc.

        Maintenant, je confesse que si on écrivait un tel sketch, le principe du comique ne serait pas tout à fait identique à celui de l’original d’Alphonse Allais, et que contrairement au sien, il ne ferait peut-être pas rire tout le monde.

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    • Merci pour les éclaircissements. Ce texte est en effet bien construit montre une fois encore que l’humain échappe à lui-même, il est un objet assez insaisissable.
      Je vois mieux maintenant le lien avec notre discussion. Figurez-vous que c’est déjà gagné pour les calvinistes au niveau de la prise de pouvoir par l’établissement d’une systématique de base pour la formation des pasteurs/théologiens. En effet, celle de Wayne Grudem – traduite en français chez exclesis – s’est déjà imposé et contribue massivement à la calvinisation des chrétiens. Le génie de cette systématique, c’est bien sûr sa simplicité et, cela me semble central, son point de vue charismatique. Car oui, Grudem est un calviniste charismatique donc il croit en ce que la Bible dit sur les dons et l’action de l’Esprit aujourd’hui, point appréciable qui le rend bien plus « lisible » que d’autres calvinistes pour la très grosse population charismatique et pentecôtiste de France. C’est comme ça que j’étais devenu calviniste à la base, réformé pentecôtisant de mon état, en lisant Grudem. Il m’a fallu quelques années pour m’en sortir.

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  2. La comparaison entre le débat calvinisme/arminianisme et les disputes puériles des corinthiens a ses limites, car là il s’agissait d’hommes autour desquels on formait des partis de manière charnelle et injustifiable, tandis qu’ici il s’agit de doctrines (même si par commodité on les appelle du nom de ceux qui en ont été les plus représentatifs). De même pour la comparaison avec la querelle des aliments, car il était en soi indifférent de manger ou de ne pas manger, tandis qu’il n’est pas indifférent en soi d’adopter un système théologique plutôt qu’un autre.

    Mais cela dit, il est toujours d’actualité dans le débat en question de ne rien faire par esprit de parti ou par vaine gloire (Ph 2:3), mais de s’assurer qu’on est animé d’un désir sincère de comprendre le mieux possible l’enseignement de la Parole, et d’une humilité et d’un amour fraternel qui permettent d’accueillir nos frères qui sont d’un autre avis (peut-être d’ailleurs pas définitivement).

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    • Bonjour Alain,

      Merci pour votre retour.

      – Je ne considère pas les disputes corinthiennes comme étant puériles et pensent bien que derrière les noms d’Appolos et des autres, des fractions doctrinales existaient parmi eux. Je pense qu’une exégèse globale de l’épître permet de l’appuyer.
      – Pour ce qui est de ma comparaison avec la querelle des aliments, je vous invite à relire mon propos. Je ne compare pas strictement l’un et l’autre, d’où l’utilisation du verbe « penser ». C’est le raisonnement/manière de raisonner de Paul, abstraction faite de son sujet (çàd les aliments) dans l’épître, qui me paraît intéressant.
      – Oui, exactement, merci beaucoup pour ce verset de Ph 2, 3 qui est très à propos ! Et je ne peux que dire « amen » à votre appel à l’accueil et à l’unité des chrétiens évangéliques.

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  6. Une contribution supplémentaire au débat.
    – Comment souveraineté de Dieu et responsabilité humaine coexistent-elles tout en restant entières l’une et l’autre: la question est difficile. Mais tout autant que les autres mystères de la foi chrétienne, comme ceux de la Trinité ou de l’Incarnation, ou encore de l’inspiration des Ecritures.
    – Devant ce mystère, comme devant les autres, l’humilité s’impose: Dieu est au ciel et nous sur la terre, et « autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant ses voies sont élevées au-dessus de nos voies, Et ses pensées au-dessus de nos pensées » (Es 55: 9). Il ne convient donc pas de chercher au-delà de ce que lui-même a décidé de nous révéler (De 29: 29).
    – Mais quant à ce qu’il a décidé de nous révéler, il convient de nous appliquer à chercher à le comprendre, non pas avec notre sagesse naturelle obscurcie par le péché, mais avec celle que donne l’Esprit (1 Co 2: 13-14). C’est ainsi que, dans le passé, l’Eglise a été amenée, à cause des hérésies qui menaçaient sa foi, à clarifier l’enseignement de la Parole concernant la Personne de Christ, vrai Dieu et vrai Homme (sans toutefois expliquer ce mystère).
    « Ce n’est pas une bonne chose de penser ne point savoir ce que nous savons ».
    Ce n’est pas non plus une bonne chose de dire que deux lectures qui se contredisent sont aussi légitimes l’une que l’autre (une lecture arienne était-elle légitime?)
    – La finalité de cet effort de compréhension auquel nous sommes appelés est éminemment pratique: rendre à Dieu du mieux que nous pouvons la gloire qui lui est due, dans notre adoration et notre vie pratique.
    Que Dieu vous bénisse!

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    • Vous me faites penser à la position luthérienne, position que je respecte hautement et qui peut être résumée de la sorte : « Nous confessons la pleine souveraineté de Dieu et la pleine responsabilité humaine sans tomber ni dans la double predestination (chose horrifiante pour Luther) ou l’autre extrême (libre-arbitre humaniste [cf. Erasme]). Nous confessons que c’est un mystère dépassant l’entendement humain. » (j’ai composé cette citation, mais cela me semble être la position luthérienne correcte du Luther mature). Donc oui, comme vous le luthérien se bornerait à exposer et clarifier autant que possible la doctrine sans pour autant croire atteindre la pensée du très Haut, du Deus absconditus (Dieu caché du vieux Luther) sur le sujet (il faut préciser qu’il y a une différence entre le Luther de fin de vie, interdisant presque que l’on parle de la prédestination et celui du « Serf arbitre » ; le Deus absconditus est le dada du Luther de fin de vie). Le théologien luthérien Philippe Melanchton, fidèle compagnon de réforme de Luther très aimé de ce dernier, lui, adoptera une position arminienne à la fin de sa vie comme plus adaptée au caractère de l’Ecriture et j’ai tendance à croire que Luther aurait pu faire pareil aussi. Quoiqu’il en soit, la position humble de Luther par rapport au sujet qui consiste à laisser « les secrets de Dieu tranquilles » est hautement respectable et je fus attiré par cette position, votre position autrefois.

      Oui, rendons gloire à Dieu du mieux que nous pouvons, et ce d’un point de vue pratique, saignant pour le Royaume ! Il est bien trop vrai que les chrétiens ont tendance à passer plus de temps à théologiser qu’à évangéliser.

      Merci, que Dieu vous bénisse également Alain !

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      • Je vous avoue que la position arminienne ne me paraît pas « plus adaptée au caractère de l’Ecriture », car elle fait dépendre ultimement le salut du pécheur de sa libre volonté plutôt que de la grâce élective de Dieu. Il est plutôt plus conforme à l’Ecriture de dire que le facteur décisif dans le salut est la libre grâce de Dieu, par laquelle le pécheur, libéré de l’esclavage du péché qui retenait sa volonté captive, est rendu capable de répondre librement et avec la plus profonde gratitude à l’offre du salut qui lui est présentée par l’Evangile. « Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde… Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Ro 9:15-16).

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    • Je ne vous demande aucunement d’adhérer aux thèses arminiennes, mais votre propos : « car elle fait dépendre ultimement le salut du pécheur de sa libre volonté plutôt que de la grâce élective de Dieu » représente le pélagianisme et non l’arminianisme. Le salut ne dépend pas ultimement du pécheur ! C’est une caricature, hélas bien commune, de la position arminienne. L’arminianisme ne défend pas le libre-arbitre, mais un arbitre libéré par la grâce de Dieu après réception d’une grâce dite prévenante (agissant à travers la proclamation de la Parole) et qui permet à l’auditeur de, un instant, pouvoir prendre position de façon responsable. Quand Pierre prêche dans les actes des apôtres, la grâce prévenante fait si bien son oeuvre qu’ils furent touchés et lui demandèrent, « mais maintenant que faire ? » Et certains se firent baptiser et d’autres non, mais ceux qui se firent baptiser le furent non car le salut dépendait de eux, mais bien par la grâce de Dieu touchant leur cœur par le biais de la proclamation de la parole de l’évangile. Aussi, le calvinisme, étant un ensemble de doctrines à la base profondément anti-charismatique, a oublié le Saint-Esprit et l’utilise et le comprend très très mal. Aujourd’hui, avec le renouveau charismatique et pentecôtiste, l’on comprend mieux la dynamique entre Dieu et l’homme par le biais de l’Esprit de façon expérientielle/existentielle. C’est le Saint-Esprit qui régénère la personne afin de la pousser vers le oui, mais, horrible mystère, certains « résistent au Saint-Esprit » et « persévèrent dans leur iniquité » quand même (vocables très bibliques, abondamment utilisées dans l’AT et aussi dans le NT). Jésus pleure sur Jérusalem parce qu’ils ne l’ont pas accepté et qu’ils sont dur de cœur, résistant au Saint-Esprit les poussant à changer de vie. Le royaume de Dieu est en eux ! Mais ils l’ont d’abord combattu en eux avant de le combattre en dehors d’eux en crucifiant notre sauveur à une croix. Outre les passages que j’ai cité dans mes phrases de façon implicite en voici d’autres : Actes 7, 51 « Hommes au cou raide, incirconcis de coeur et d’oreilles! vous vous opposez toujours au Saint Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi. » Et Mat 23, 37-39, lamentations sur Jérusalem => dans les deux cas, pourquoi Jésus se lamente-t-il à cause d’une partie des habitants de Jérusalem si, dans la perspective calviniste, il a décidé de toute éternité de ne pas élire/sauver les personnes sur lesquelles il se lamente alors qu’il le pouvait ? Le Jésus calviniste serait au mieux cynique en se lamentant de la sorte !

      Lisez plutôt cette présentation métaphorique :

      • L’Arminianisme (synergisme évangélique) présente Dieu comme arrivant et jetant une corde en bas du puits et hurlant à pleine voix : « Accrochez-vous et ensemble, nous allons vous sortir de là ! » Personne ne bouge. Ils sont trop blessés pour cela. En fait, d’un point de vue pratique, ils sont presque « morts » parce qu’ils sont totalement impuissants. Alors, Dieu verse de l’eau dans la fosse et hurle encore plus fort : « Par pitié, détendez-vous et laissez l’eau vous porter hors du puits ! » En d’autres termes, il leur dit : « Flottez ! » Tout ce qu’une personne étant dans la fosse a à « faire » pour être sauvée est d’accepter de laisser l’eau la porter hors de la fosse. Elle prend une décision, mais elle ne fait aucun(e) effort/action ; l’homme est passif et dépendant de l’eau, le salut ne dépend pas de lui. Il ne fait qu’avoir foi/confiance en Dieu après réception de la grâce (l’eau) (la foi qu’il a est donc un don dépendant de la grâce) ; Dieu le sauve par sa grâce (l’eau). La foi est donc un moyen non méritoire, ce n’est pas du tout le levier ou le « facteur décisif ultimement » : qui serait en effet assez fou que pour se vanter d’avoir été sauvé parce qu’il a flotté/cru après écoute de la proclamation de la parole d’aide par Dieu et réception de la grâce (l’eau) !? L’on répondrait à un tel homme qu’il n’y est absolument pour rien dans cette affaire ! L’eau est la grâce prévenante et potentiellement suffisante pour tous sans laquelle rien n’arrive. Bien entendu, dans cet exemple, certains, après avoir été touché par l’eau/la grâce, résisteront à cette grâce, au Saint-Esprit et prendront la décision de ne pas flotter, de résister à l’eau en nageant à contre-sens suivant leur nature pécheresse et coulant ainsi au fond du puits (Ac 7, 51 : « Hommes à la nuque raide, incirconcis de cœur et d’oreilles, toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères. »)… Il y a bien possibilité de résistance au Saint Esprit. L’arminianisme n’est pas un universalisme.

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      • Merci pour ces explications, et pardon si ma dernière remarque vous a semblé caricaturer votre position. Ce n’était évidemment pas mon intention.
        Je n’aurai pas le temps dans l’immédiat de répondre d’une manière plus approfondie, mais je tâcherai de le faire dès que cela me sera possible.

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      • Je vous en prie. Il n’y a pas de soucis, malheureusement l’arminianisme, dans sa complexité, est souvent réduit à ça.
        J’attends votre réponse avec impatience. Par ailleurs je vous invite, si vous ne l’avez pas déjà fait, à lire les autres articles que j’ai écrit sur le sujet, vous y trouverez matière à réflexion.
        Après in fine et quoi qu’il en soit, comme l’on disait, soli Deo gloria.

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  7. Je m’apprêtais à vous faire part de quelques réflexions supplémentaires sur le sujet. Mais après avoir lu vos autres articles, ainsi que quelques-uns des commentaires, je ne pense pas que je pourrais y ajouter quelque chose de nouveau ou d’utile, les positions me paraissant bien argumentées et arrêtées de part et d’autre. J’en resterai donc là, tout en vous remerciant pour la peine que vous avez prise à clarifier pour moi votre position. Merci aussi d’avoir signalé l’existence des livres « For Calvinism » et « Against Calvinism », que je me suis procuré et que j’ai commencé à lire.

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    • Merci Alain, c’est toujours avec plaisir. Je suis content d’apprendre que la lecture des autres articles a pu vous donner un aperçu des arguments de part et d’autre. Par ailleurs, je n’ai aucun doute sur le caractère essentiel des lectures de For et Against Calvinism au niveau de la formation d’un avis critique de votre part par rapport à ce sujet ; ce sont vraiment de très bons livres. Michael Horton est un très bon calviniste reconnu par ses pairs et Roger Olson est certainement le numéro un de l’arminianisme pour le moment (son blog contient de nombreux articles en lien avec l’arminianisme : http://www.patheos.com/blogs/rogereolson/).

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      • Ceci n’est pas un commentaire, mais une question, ou plutôt deux. J’ai bien compris que l’Arminianisme n’est pas un universalisme, ni un pélagianisme, mais que selon lui l’élection est fondée sur la préconnaissance divine de la décision humaine face au salut en Christ, lorsqu’il lui est présenté par l’Evangile, et à la grâce prévenante qui le lui rend accessible (cette formulation est-elle exacte ?). Voici donc mes questions:
        – Comment l’Arminianisme comprend-il Ro 8: 28-30, surtout le v. 30 où il est dit que ce sont ceux que Dieu a prédestinés qu’il a appelés, justifiés, glorifiés ? Vous n’ignorez pas que, selon la perspective Calviniste, il est question ici de l’appel dit « efficace », qui aboutit infailliblement au salut des élus.
        – Quid de ceux qui sont « au fond du puits » (pour reprendre la parabole que vous évoquez), mais qui n’ont jamais vu la corde descendre ni l’eau monter, pour la bonne raison qu’ils n’ont jamais entendu l’Evangile ? Je reconnais que la réponse est embarrassante pour les deux parties, mais ne l’est-elle pas plus pour l’Arminianisme qui, s’il n’est pas un universalisme quant au résultat de l’intention divine, en est un quant à l’intention divine elle-même.
        Merci d’avance.

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    • Oui, c’est une formulation tout à fait exacte afin de résumer l’arminianisme !

      Ce sont de très bonnes questions.

      – Romains 8 et 9 sont vraiment les chapitres phares du calvinisme, oh ça oui ! Mais, à mon sens, la compréhension calvinisto-déterministe de ces chapitres ne résiste pas à une exégèse/analyse de ces passages à la lumière de l’intention de Paul (il ne parle pas de salut individuel, mais de peuples) et du reste de l’épître aux Romains et notamment du chapitre 10 (une relecture de celui-ci vous indiquera, je pense, combien la position calviniste isole des morceaux d’une argumentation paulinienne qui doit être comprise en fonction de ce chapitre 10 qui est très très arminien et qui traite également de votre deuxième question par ailleurs ; Paul ne la traite pas d’une façon rationaliste, mais de façon très spirituelle et pratique jusqu’au chapitre 11). Donc, ce qui importe, c’est surtout de comprendre l’élection en terme corporatif, élection d’un peuple en Christ et non d’individus. Voici quelques liens exposant cette vue :
      1. Corporate election : http://evangelicalarminians.org/perseverance-oropeza-on-romans-8-28-39/
      2. A Wesleyan Interpretation of Romans 5-8 : http://evangelicalarminians.org/a-wesleyan-interpretation-of-romans-5-8/
      3. Le commentaire de notre chère « star francophone évangélique arminienne » Frédéric Louis Godet – grand exégète devant l’Éternel rigoureusement opposé au calvinisme – ayant écrit de très bons commentaires dont un sur l’épître aux Romains gracieusement mis en ligne par ThéoTeX : http://theotex.org/perl/theotex_stream.pl?kb=8
      4. Un article du même F. Godet : http://theotex.org/perl/theotex_stream.pl?kb=16# (appuyer sur le losange, et cherchez, dans la table des matières : « Le rapport entre la prescience divine et la liberté de l’homme »). Réponse de Godet à des réponses calvinistes face à son commentaire de Romains 8 et 9.

      – Pour ce qui est de votre deuxième point, vous l’avez très justement souligné, c’est une question qui est adressée par le monde au Christianisme avec un grand « C ». Cependant, il est vrai que le calvinisme, de par sa rationalisation de l’agir et de l’intention divins, permet de battre en touche la question plus facilement, mais pas de façon plus satisfaisante il me semble. Pour un exposé en 5 min d’une possible réponse arminienne à la question, je vous invite à écouter l’un de mes philosophes chrétiens préférés, défenseur « number one » de la foi chrétienne dans les joutes philosophiques universitaires, l’arminien William Lane Craig (il est « moliniste », position considérée par certains comme un entre deux [dont l’esprit se rapproche beaucoup plus de l’arminianisme]. Cependant Craig préférerait 100 fois être appelé arminien que calviniste !) : https://www.youtube.com/watch?v=OQqTiNQk9Fc

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      • Merci, mais j’ai de la peine à lire Ro 8:28-30 en termes « d’élection corporative ». Il me paraît au contraire évident qu’il s’agit là d’individus, non par parti pris théologique mais par honnêteté envers le texte. Comment peut-on nier qu’il y est question d’individus ?
        Pour l’autre question, un peu déçu de ne pas avoir votre réponse à vous.

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    • Ce n’est pas une question aisée pour la thèse corporative étant donné notre passé français calviniste, ça c’est sûr. Mais l’article : http://evangelicalarminians.org/perseverance-oropeza-on-romans-8-28-39/ me semble convaincant. Après, beaucoup d’arminiens adoptent une vision non-corporative pour expliquer ce passage. Pour être tout à fait franc, je me sens plus pencher vers la corporative (arminianisme moderne), mais l’arminianisme classique a aussi fourni de très bonnes explications. Je vous invite à lire le commentaire de Frédéric Godet.

      Pour un point de vue arminien traditionnel sur Romains 8, 28-30 (de John Wesley) :

      8:28 And we know – This in general; though we do not always know particularly what to pray for. That all things – Ease or pain, poverty or riches, and the ten thousand changes of life. Work together for good – Strongly and sweetly for spiritual and eternal good. To them that are called according to his purpose – His gracious design of saving a lost world by the death of his Son.This is a new proposition. St. Paul, being about to recapitulate the whole blessing contained in justification, (termed « glorification, » Romans 8:30 ,) first goes back to the purpose ordecree of God, which is frequently mentioned in holy writ.
      8:29 Whom he foreknew, he also predestinated conformable to the image of his Son – Here the apostle declares who those are whom he foreknew and predestinated to glory; namely, those who are conformable to the image of his Son. This is the mark of those who are foreknown and will be glorified, 2:19 . Philippians 3:10 ,21.
      8:30 Them he – In due time. Called – By his gospel and his Spirit. And whom he called – When obedient to the heavenly calling, Acts 26:19 .He also justified – Forgave and accepted. And whom he justified – Provided they « continued in his goodness, » Romans 11:22 ,he in the end glorified – St. Paul does not affirm, either here or in any other part of his writings. that precisely the same number of men are called, justified, and glorified. He does not deny that a believer may fall away and be cut off between his special calling and his glorification, Romans 11:22 .Neither does he deny that many are called who never are justified.He only affirms that this is the method whereby God leads us step by step toward heaven. He glorified – He speaks as one looking back from the goal, upon the race of faith. Indeed grace, as it is glory begun, is both an earnest and a foretaste of eternal glory.

      Je suis désolé de ne pas vous avoir répondu par moi-même, la position de Craig reflète tout à fait une position que je pourrai tenir cependant. Le fait est que j’ai beaucoup de travail et que cette question, qui n’est vraiment pas à prendre ou à répondre à la légère, reste difficile ; il faut y réfléchir en profondeur avec la Bible puis lire ce que les Pères ont pu en dire, les théologiens médiévaux, les réformateurs, les théologiens modernes… Je n’ai pas fait ce travail sur cette question. Ce que je sais est que Dieu est bon et qu’il désire que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance du Dieu d’amour et de grâce qu’il est et qui a créé chaque homme en tant que créature à son image :
      3 Cela est *bon* et agréable devant Dieu notre Sauveur (de prier pour tous les hommes),
      4 qui ***veut*** que /tous\ les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.
      5 Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus -Christ homme,
      6 qui s’est donné lui-même en rançon /pour tous\. C’est là le témoignage rendu en son propre temps, (1Ti 2, 3-6 NEG)

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  8. Merci Timothée pour le temps que vous m’avez consacré. Je vais continuer à lire « For » et « Against » pour me faire une idée plus juste des deux positions, surtout l’Arminienne car la Calviniste m’est mieux connue. Que Dieu vous bénisse !

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    • Je vous en prie Alain, c’était avec plaisir. J’espère que la lecture de ces deux livres pourra vous permettre si pas de vous positionner vous même, au moins de vous positionner par rapport aux deux positions. Merci ! Que Dieu vous bénisse également :).

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  9. Pingback: Test : Êtes-vous « arminien  sans même le savoir ? | «Un homme et une croix

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