Tous appelés à être citoyens des cieux – prédication

Re-bonjour à tous !

Je vous prie tout d’abord de m’excuser pour une si longue absence. Moult choses ont occupé mon esprit durant cet été et j’ai dès lors manqué de temps pour continuer à produire des ressources pour le blog.

Me voici donc de retour avec une nouvelle série (menu) dans laquelle je partagerai avec vous des prédications que j’ai reçu la grâce d’écrire et prêcher lors de mes temps de service pour notre Seigneur dans l’église de Marcinelle en Belgique.

J’espère que ces prédications pourront vous encourager en notre Seigneur et vous rapprocher de notre Sauveur ! 

Introduction

Dans ce message, je vous invite à entrer dans un monde parallèle, un monde qui ressemble à notre terre, mais qui n’est pas notre terre. Sur la planète appelée Terra vit René Grand-Belgicien. Cet homme vit paisiblement dans un petit pays du tiers-monde répondant au nom de Belgica. René est fier de ses origines, peut-être un peu trop fier, et a un peu de mal avec tous ces étrangers en provenance de China. Il est résolument contre cette immigration et ne supporte pas les Chinoah, disant « ces gens-là ne sont pas comme nous hein ».

Cependant, un jour, le terrible empire d’Amérigo du Sud décide de faire main basse sur les populations pauvres d’Europa dont la Belgica. Le pays est renommé, l’identité Belgicienne cesse d’exister, l’on renie tout droit aux belgiciens et on les réduit à l’esclavage. René se retrouve en Italia, aux travaux forcés.

Après quelque temps, l’empire Amérigo du Sud fait une alliance avec l’empire China et résolut pour conclure l’accord de leur céder 100 000 esclaves. René est donc vendu et déplacé dans la province de Séoula. Il est alors confronté à de nombreux Li Grand-Chinoah qui méprise notre René Grand-Belgicien et le rejette, lui, l’étranger, le différent.

Cependant, un jour René rencontre un certain Iézu-Li, un chrétien Chinoah qui lui manifeste de la gentillesse, allant même jusqu’à partager son pain et son manteau avec lui. René est bouleversé par de telles marques d’amour et demande au Chinoah : « Pourquoi fais-tu ces choses ? Je suis un étranger, un rat Belgicien et tu es un puissant Chinoah. » Le Chinoah lui répond : « Je suis chrétien. Et pour Dieu, nous sommes tous des étrangers, aucun de nous n’a ‘droit’ à sa terre, elle peut nous être enlevée à tout moment, nous pouvons tout perdre, et ce jusqu’à la nationalité. La seule vraie identité en laquelle je mets ma fierté est celle qui transcende l’histoire : celle de citoyen des cieux, concitoyen de Jésus mon Dieu et le tien, si seulement tu veux l’accepter comme tel. »

Ébahi de tant d’amour, René Grand-Belgicien se convertit, lut la Bible et fut transformé dans son intelligence. Il comprit qu’au fond, en face de Dieu, nous sommes tous étrangers sur cette terre, que tout étranger est fait de la même chair et du même sang que lui et que la seule vraie citoyenneté est celle des cieux. Alors, le chrétien Chinoah prit toutes ses économies pour acheter la liberté de René et ils servirent côte à côte le Seigneur.

Le titre de ce message sera : « Tous appelés à être citoyens des cieux ».

Il aura pour but de nous conduire à toujours mieux comprendre combien il nous est nécessaire d’ouvrir nos cœurs aux étrangers de tout horizon. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que la Parole dit à ce sujet ? Je vous propose trois raisons qui me paraissent suffisantes à ce propos.

  1. Ouvrons nos cœurs aux étrangers, car nous sommes tous des étrangers sur cette terre [1 P 2, 11]

Premièrement, ouvrons nos cœurs aux étrangers, car nous sommes tous des étrangers sur cette terre. Ce que la Bible nous enseigne, c’est que, si nous remontons assez, nous ne trouvons pas des Belges, des Français ou des Chinois, mais des fils d’Adam (p.e. Lc 3, 23-38).

Pour ce point, nous relirons 1 P 2, 11 : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. »

« Étrangers » et « voyageurs », telle est la manière dont Pierre nous qualifie, nous chrétiens. Nous sommes des étrangers sur cette terre et à cause de cela nous ne pouvons pas nous plier au monde et à ses lois. Nous relevons du Royaume des cieux et nous nous déplaçons de cette terre vers ce royaume. Nos lois, les véritables lois que nous chérissons se trouvent dans la Parole de Dieu. Or, l’une d’entre elles nous dit que nous devons nous considérer comme des « étrangers » et « voyageurs » sur une terre que Dieu donne à tous gracieusement.

Que notre carte d’identité nous informe du contraire et que de plus en plus d’idéologues d’extrême-droite se soulèvent pour nous galvaniser au nom d’une nation ne changera pas cette vérité révélée, universelle et que le chrétien reçoit des Écritures : nous sommes tous étrangers sur cette terre. Comprenons bien que ça n’est pas là un discours humaniste niaiseux et « bisousnours ». Non, leurs arguments ne convainquent pas le moins du monde lorsqu’il proclame cette même vérité. Non, cette vérité nous la tenons en premier lieu des Écritures qui nous dit que Christ est mort pour tous, du Samaritain au Grec en passant par la Syro-Phénicienne. Comme notre Sauveur ouvre ses bras à tous, nous nous devons d’ouvrir nos bras à tous, et plus particulièrement à ceux que le monde qualifie d’« étrangers ».

Jésus aussi a été un étranger aux yeux du monde, lui dont la famille a fui en Égypte lors de son enfance. Jésus a été un réfugié de guerre. Imaginez un seul instant que Jésus naisse aujourd’hui sous la forme d’un réfugié syrien et voit les murs et les barricades de haine qui montent petit à petit en Europe.

Frères et sœurs, nous sommes tous des étrangers sur cette terre, alors ouvrons nos cœurs à ceux que le monde qualifie d’étrangers.

  1. Ouvrons nos bras aux étrangers, car l’étranger est notre prochain [Lev 19, 34]

Deuxièmement, ouvrons nos bras aux étrangers, car l’étranger est notre prochain. Lorsque Jésus prêchait sur l’amour du prochain, il ne rencontrait en général pas de forte réaction. Le judaïsme d’alors acceptait tout à fait cette idée, il donnait simplement une autre définition du mot « prochain ». « Prochain » se traduisait la plupart du temps en juif, frère du même peuple. D’où la pertinence de la question du juif qui, dans les évangiles, demanda : « qui est mon prochain ? » Christ lui répondit alors ironiquement par la parabole du bon Samaritain qui nous enseigne que notre prochain est… n’importe qui ! Cet homme qui passe et dont la figure ne me plaît guère, cet inconnu ou celui-là que je connais trop, voire l’ennemi que j’ai envie de frapper au visage et qu’il m’est enjoint d’embrasser.

Ouvrons nos bras aux étrangers, car l’étranger est notre prochain. Cette proposition découle d’un deuxième passage sur lequel nous nous arrêterons dans ce message : Lev 19, 34, relisons-le : « Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous ; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Je suis l’Éternel, votre Dieu. »

N’en déplaise au Pharisien, le Lévitique déjà, dans l’Ancien Testament, était clair sur l’amour de l’étranger. La Parole nous invite même à le traiter comme l’un de nous, à ne pas faire de différences. À l’aimer comme soi, il est notre prochain. La raison qui couronne le tout n’en est que plus forte : vous aussi vous avez été étrangers en Égypte. Cette parole devait résonner très fortement chez les Israélites, à l’époque. Mais elle nous est aussi adressée. En effet, comme nous l’avons vu en 1 Pierre, nous sommes aussi des étrangers, nous sommes tous des étrangers à la recherche d’une véritable terre qui ne se trouve pas sur la terre. Alors à ce titre, et de façon encore plus forte, oui, l’étranger est notre prochain et nous sommes appelés à lui ouvrir nos bras. Il est un reflet de l’image sainte de Dieu, et il est donc la chose la plus sainte qui nous soit donnée de contempler sur la terre, et ce peu importe sa provenance terrestre.

Jésus aussi appelait à ouvrir radicalement nos bras aux étrangers. On lit en Matthieu 25, 31-46 : « Lorsque le Fils de l’homme viendra, il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez rendu visite ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront : Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli ; ou nu, et t’avons-nous vêtu ? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ? Et le roi leur répondra : je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. »

Frères et sœurs, ne nous méprenons pas, ouvrons nos bras aux étrangers, car l’étranger est notre prochain.

  1. Ouvrons nos bras aux étrangers, car la seule vraie citoyenneté est celle des cieux [Eph 2, 19]

Troisièmement, ouvrons nos bras aux étrangers, car la seule vraie citoyenneté est celle des cieux. Si nous sommes tous étrangers et que l’étranger est notre prochain, une raison encore plus forte d’ouvrir nos bras aux étrangers est celle que la seule vraie citoyenneté n’est pas ici-bas. C’est comme si des Wallons ou des Flamands se vantaient d’être wallons ou flamands. Au final, cela ne compte pas vraiment puisque la seule citoyenneté qui leur sera reconnue à l’étranger est la citoyenneté belge. Quant à nous chrétiens, aucune citoyenneté terrestre n’est vraiment la nôtre.

Pour ce dernier point, c’est Eph 2, 19 qui attirera notre attention : « Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. »

« Vous n’êtes plus des étrangers ». Certains doivent déjà penser : « hum, je suis perdu, je n’y comprends plus rien ! Voilà que nous ne sommes plus étrangers maintenant. » Le fait est que Paul part dans ce passage du principe que, dans l’Ancienne Alliance, tous ceux qui n’étaient pas juifs étaient étrangers. C’est pour cela qu’encore aujourd’hui, les juifs appellent tout non-juif un « goy », un membre « des [autres] peuples ». Ainsi, Paul nous apprend que, du point de vue du plan de Dieu et de la Parole, nous sommes tous étrangers d’office ! Mais il ne s’arrête pas là. Les étrangers que nous étions/sommes avons été accepté comme concitoyens des cieux : « Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. » Alors que nous n’avions aucun droit, nous avons été acceptés en Jésus comme citoyens des cieux. Et c’est là notre seule et vraie nationalité. C’est la nationalité à laquelle tout le monde est appelé.

Jésus, aussi, mettait la citoyenneté des cieux à la première place. Il n’annonçait pas un nouvel Israël, mais toujours le Royaume des cieux. Or le royaume des cieux n’est pas géolocalisé et est appelé à réunir sous une même bannière des hommes de toutes les nations terrestres. Réalisons aujourd’hui combien Jésus seul a été capable de faire cela dans l’histoire du monde ! Je ne sais pas pour vous, mais j’ai des amis chrétiens de tellement de pays différents. Et, lorsque l’on se rencontre, l’on ne se jauge pas en fonction de notre couleur de peau ou de notre carte d’identité, mais en fonction de notre citoyenneté céleste, en fonction de notre commun amour pour notre Dieu.

Frères et sœurs, ne nous méprenons pas, ouvrons nos bras aux étrangers, car la seule vraie citoyenneté est celle des cieux. Et c’est là ce qui importe le plus à retenir aujourd’hui.

Conclusion

En somme, nous sommes appelés par la Parole à ouvrir nos cœurs aux étrangers, car :

  • Nous sommes tous des étrangers sur cette terre.
  • L’étranger est notre prochain.
  • La seule vraie citoyenneté est celle des cieux.

Mais certains d’entre vous se disent peut-être déjà : « c’est bien tout ça, et maintenant ? Que peut-on faire ? » Vous auriez tout à fait raison, car on lit en I Jean 3, 18 : « Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. »

  1. Les recueillir

Hébreux 13:1-3 : « Persévérez dans l’amour fraternel. N’oubliez pas l’hospitalité ; car en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. » Abraham n’avait aucune idée de la nationalité et des opinions religieuses de ses trois visiteurs.

  1. Les soutenir dans la prière et financièrement

Matthieu 5, 44 : « Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. » Si Jésus nous appelle à un amour si radical envers un ennemi, que ne nous appelle-t-il pas à faire envers un étranger ?

Luc 3, 11 : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. » Avec celui qui n’en a point… point !

  1. Leur partager l’évangile

Luc 4, 16-21 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. Pour proclamer aux captifs la délivrance… Pour renvoyer libres les opprimés. » Si l’accueil et l’amour n’ont pour but en soi que de prolonger la vie d’un pécheur pour qu’il goûte in fine au jugement éternel, c’est la pire déception que l’on puisse partager et c’est purement vain. Jésus et son message n’ont rien avoir avec le « christianisme social ».

Aujourd’hui, je nous encourage vraiment à ouvrir nos bras à ceux que le monde qualifie d’étrangers. Prenons cette position vulnérable, difficile de l’amour inconditionnel même envers des étrangers potentiellement dangereux. En effet, quel miracle accomplissons-nous quand nous aimons ceux qui nous aiment, les voleurs font de même nous rappelle Jésus. Non, ouvrons nos bras dans un amour transformateur, et ce même vers l’inconnu, vers un étranger potentiellement dangereux, un Saul de Tarse, cet ex-djihadiste juif. Exerçons un tel amour tout en nous rappelant que le Seigneur aime et peut retourner des Saul de Tarse pour sa gloire à tout instant ; notre Dieu n’est pas limité, ses bras s’ouvrent au-delà de nos frontières et de nos difficultés.

Une confession de foi/prière suite à ce message :

Je vous invite, si votre cœur y est à présent disposé, à prier à haute voix cette confession de foi comme une prière :

Moi, chrétien, ne me distingue des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car je n’habite pas de villes qui me soient propres, je n’emploie pas quelque dialecte extraordinaire, mon genre de vie n’a rien de singulier.

J’habite les cités civilisées et les cités barbares suivant mon destin ; je me conforme dans les grandes lignes aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de ma manière de vivre. Je réside dans ma propre patrie, mais comme un étranger domicilié. Je m’acquitte de tous mes devoirs de citoyen, et supporte toutes les charges comme un étranger. Toute terre étrangère m’est une patrie, et toute patrie m’est une terre étrangère.

Je passe ma vie sur la terre, mais je suis citoyen du ciel.

La Lettre à Diognète, datant du 2e siècle après Jésus-Christ, a été écrite par un auteur anonyme. L’extrait ci-dessus a été réécrit, transformé et recoupé en une courte confession de foi/prière.

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